Cela fait quelque temps que je me pose cette question. Et le plus difficile finalement, ce n’est peut-être pas de continuer à me battre. Ce n’est même pas d’essayer, encore et encore de faire comprendre les impacts, les dérives et la gravité du sujet. Le plus difficile, c’est de constater que je ne comprends plus moi-même ce qui se passe. Je ne comprends pas ce désintérêt massif. Cette indifférence presque générale et ce “j’m’en foutisme” de 99 % d’entre nous face à des atteintes pourtant très concrètes à nos libertés. À force, j’en viens à me demander si les deux slogans les plus dangereux de notre époque n’ont pas déjà gagné : “Je n’ai rien à cacher.” Et son corollaire moderne : “Pour votre sécurité, je vous supprime vos libertés.”